Dracaena surculosa

Dracaena surculosa
Dracaena surculosa

Quel est ce dracaena…

Le Dracaena surculosa est parfois mieux connu sous son ancien nom : Dracaena godseffiana. C’est un Dracaena qui diffère totalement des autres espèces de ce genre et à mon sens, c’est ce qui le rend intéressant en plus de sa facilité de culture.
La plupart des Dracaena sont des arbustes érigés et non ramifiés. Leurs feuilles lancéolées et arquées naissent au sommet de tiges qui se dégarnissent avec le temps.

Dracaena surculosa est une plante rameuse dont les tiges minces et rigides portent des touffes de deux à trois feuilles. Elles sont elliptiques et disposées en spirale.
Elles sont vert sombre plus ou moins mouchetées. Certaines espèces présentent des panachures blanc crème si rapprochées qu’elles ne semblent former qu’une large tache sur le limbe des feuilles.

Pour résumer le port général de cette plante, ce Dracaena aurait plus l’air d’un bambou que d’un Dracaena classique.

Dracaena surculosa panaché

Dracaena surculosa panaché

Soins, culture et entretien

Cette plante s’avère de culture facile. Elle ne dépassera guère 60 cm de hauteur et poussera très lentement.
Elle  a besoin de chaleur, ce Dracaena est donc bien adapté aux conditions d’un intérieur traditionnel.
Dracaena surculosa a généralement besoin d’une bonne lumière. Mais les variétés à feuillage vert supportent bien l’ombre. Les variétés fortement panachées quant à elles auront besoin d’une très bonne lumière pour conserver leurs couleurs. Quelques heures de soleil voilé dans la journée leur font le plus grand bien.
Ce Dracaena ne supporte pas les excès d’arrosage. Par expérience, il est préférable de l’arroser peu à la fois mais régulièrement. Un excès d’eau comme un manque d’eau provoquera le jaunissement des feuilles. C’est le genre de plante qu’on peut oublier un peu, mais sans exagération.
Fertilisez votre plante avec un engrais ordinaire liquide tous les 15 jours durant la période de végétation.
Étant donné sa croissance lente, ce Dracaena n’aura pas besoin d’être rempoté souvent. Il pourra rester plusieurs années dans un petit pot et atteindra sa maturité dans un contenant de 14cm. Utilisez un mélange à base de terreau du commerce.

Dans de bonnes conditions, vous pourrez voir votre Dracaena fleurir en été. Ses fleurs sont de courte durée et n’ont aucun parfum. Mais il est tellement agréable de voir ses plantes fleurir !

Fleur de Dracaena surculosa

Fleur de Dracaena surculosa

Apportez ces quelques soins à votre plante et elle vous accompagnera longtemps.

Alfred

Plantes et dépollution intempestive

Pourquoi un tel titre ? Car vous ne trouverez cet argument mis en avant sur aucune de mes plantes. Ni dans leurs fiches de soins ni dans les fiches de vente.

Qu’est-ce qui m’en empêche ? Rien. Certains sites basent leur existence, leur légitimité et leurs ventes sur cet argument :
Contre le tabac ? Achetez donc un Hedera (lierre), un Sansevieria (ce serait mieux de ne pas faire de faute dans le nom de cette plante…), un Dracaena et pour ce dernier toutes les variétés fonctionnent, un  Philodendron (je suppose que toutes les espèces et  variétés sont fonctionnelles mais ça n’est pas précisé, une azalée ou un Chlorophytum.
A noter que le Chlorophytum revient souvent dans les plantes considérées comme dépolluantes. C’est une plante pas trop chère, qu’il est intéressant d’inclure dans une gamme de végétaux qui peut être hors de prix.
Selon les sites bien entendu, les plantes varieront, les espèces et les variétés aussi. Ce ne sont pas les plantes ou leurs vertus qui varient, mais plutôt les stocks ou les disponibilités, voire pire ! L’imagination féconde de nos e-marketers.

Qu’y a-t-il de vrai dans cet argument. Les plantes peuvent-elles dépolluer nos intérieurs ou non ?

L’argument n’est pas faux en lui-même. Toutes les plantes quelles qu’elles soient absorbent effectivement des composants de l’air ambiant. Selon l’espèce ou la variété, ces composants seront différents.
Si nous prenons le cas du formaldéhyde qui est l’un des polluants les plus fréquents dans nos intérieurs, celui-ci est généré par les produits d’entretien, les  peintures, les colles, certains plastiques et mousses isolantes et il est présent de manière significative dans ¼ de nos logements.

Le Chlorophytum comosum ‘Vittatum’, le Scindapsus aureus ‘Wilcoxii’ et le Chrysalidocarpus lutescens sont effectivement reconnus scientifiquement pour leurs capacités à réduire le taux de formaldéhyde dans l’air. (Notons au passage qu’il s’agit d’espèces et variétés bien précises et non n’importe lesquelles – en fonction de l’agent polluant et de la capacité desdites plantes à absorber cet agent polluant).

Dans un milieu totalement clos et hermétique contenant du formaldéhyde, il est exact que le taux de formaldéhyde sera en diminution si on y a installé une ou plusieurs de ces plantes.

Maintenant un logement n’a rien d’un lieu clos et hermétique, le dégagement de formaldéhyde n’est pas fixé puisqu’alimenté sans cesse par de nouveaux produits ou émissions. Une multitude de Chlorophytum comosum ‘Vittatum’, Scindapsus aureus ‘Wilcoxii’ et Chrysalidocarpus lutescens n’en arriveront pas à bout et la diminution du taux de formaldéhyde dans l’air sera infinitésimale.

S’agirait-il donc d’un argument purement commercial ? Trompeur ? Destiné à gruger le consommateur ?

Oui et non n’est-ce pas. Un Chrysalidocarpus lutescens absorbe effectivement un certain taux de formaldéhyde – c’est vrai.
Notre Chrysalidocarpus lutescens peut-il purifier l’air de notre intérieur de son formaldéhyde ? Absolument pas, il n’y pourra rien !

Alfred

Ma première plante

Vous savez ? Ma première plante, c’est exactement comme mon premier animal.

Dans un cas comme dans l’autre vous allez adopter une vie à part entière, totalement tributaire de vous.
Dans un cas comme dans l’autre, cette vie aura besoin :
– d’espace,
– d’air,
– de lumière,
– d’une certaine atmosphère,
– d’un minimum de température,
– de nourriture,
– d’eau,
– de repos.
Tiens en fait, tout comme nous ! 

Et effectivement, au cours de mes articles vous vous rendrez compte que je fais très souvent le parallèle entre nous et nos plantes.

Tout cela vous parait évident ? Si c’était le cas, je n’aurais pas autant de courrier concernant les symptômes que peut développer une plante qui souffre et qui est mal comprise.

Une plante a besoin d’espace. Cela peut paraître évident mais un Ficus coincé dans une encoignure de porte ou relégué dans un coin, ça existe ! Il n’y sera pas bien et ne sera même pas décoratif. N’importe quelle plante a besoin d’un espace vital lui permettant de s’épanouir.

L’air. Bien sur qu’une plante respire.
La nuit elle absorbe de l’oxygène,  rejette du gaz carbonique et de la vapeur d’eau.
Le jour elle absorbe du gaz carbonique et rejette de l’oxygène, ce qui lui permet d’effectuer sa photosynthèse. Alors autant lui procurer un air sain.

La lumière. Cette lumière permet à votre plante d’effectuer sa photosynthèse comme nous venons de le voir – durant le jour. Cette photosynthèse est tout simplement la transformation de l’énergie lumineuse que reçoit la plante en matières organiques : ses feuilles, le vert de ses feuilles, ses fleurs… bref, une croissance harmonieuse.
Une lumière insuffisante ne permet pas une bonne photosynthèse tout comme une lumière trop importante (rétroprojecteur par exemple).

L’atmosphère. Un non-fumeur se sentira mal dans une atmosphère enfumée. Nos habitations parfois trop sèches peuvent occasionner des complications respiratoires, trop humides une sensation d’inconfort, et le développement d’organismes potentiellement pathogènes.
Nous avons besoin d’une certaine atmosphère pour nous sentir bien, nos plantes aussi.
Selon leur provenance, cette atmosphère idéale sera différente. Chaude et humide pour les plantes tropicales, chaude et plus sèche pour les végétaux de contrées désertiques. En général plus fraîche pour les plantes asiatiques ou de contrées montagneuses.

Jusque là, rien d’étonnant n’est-ce pas ?

Des températures minimales. Je pense que vous vous sentiriez très vite mal dans certaines régions du globe soumises aux grands froids et que l’hypothermie vous guetterait.
Les plantes sont biens dans une fourchette de températures qu’il faut respecter tout comme nous réglons les températures de notre intérieur en fonction du confort que nous désirons.

La nourriture. Une plante va absorber les éléments nutritifs dont elle a besoin à l’aide de ses racines dans son substrat. Une fois que le mélange est épuisé elle s’anémie. L’engrais peut compenser la pauvreté d’un terreau mais à certaines conditions. Il faut respecter scrupuleusement la dose du fabriquant. Ensuite, il n’est à utiliser qu’en pleine période de croissance de la plante, jamais à un autre moment. Ni non plus  quand votre plante présente des symptômes de maladie ou de mal portance.
Pourquoi ? ! ? Quand vous vous sentez malades, avez-vous envie de manger lourd ? Et quand vous voulez vous reposer, est-ce le moment pour vous de passer à table ?

L’eau. Cela parait tellement évident qu’une plante boit… tellement évident qu’on a tendance à remplir son verre avant qu’elle n’ait fini de le boire, n’est-ce pas ?
Sauf pour les plantes de marécage, le sol reçoit des pluies, va se gorger d’eau et s’assécher peu à peu – parfois jusqu’à être très sec.
Une fois de plus, ce sont les besoins de votre plante qui doivent dicter la  fréquence de vos arrosages. Et non votre hantise qu’elle manque d’eau…

Du repos. La nuit, votre plante se repose. Sa respiration n’est pas la même que durant le jour, elle n’effectue pas de photosynthèse – son activité est réduite.
Pendant l’hiver, il peut en être de même et c’est un peu plus difficile à comprendre – mais pas tant que ça, vous allez voir.
Certaines plantes sont naturellement issues de contrées chaudes et très lumineuses. Pour ces plantes, notre saison hivernale est difficile à passer, aucune des conditions idéales de croissance n’est réunie. C’est évidemment la lumière qui fait le plus défaut. Notre chauffage central rajoute une mauvaise condition en asséchant l’air ambiant.

C’est pourquoi vous verrez sur mes fiches de culture que la période hivernale est souvent considérée comme une période de repos. On arrose moins les plantes,  on supprime l’engrais et parfois on choisit une situation plus fraîche que la normale. C’est une façon de stopper la croissance des plantes pour leur faire passer cette mauvaise saison le mieux possible.

Nous avons fait le tour des besoins fondamentaux de votre première plante. Il ne s’agit que d’une petite piqûre de rappel, tout cela est à la fois évident et oublié si rapidement… Il fallait bien que je reprenne ces quelques bases à la portée de tout le monde.

Alfred

Les plantes d’intérieur : Phénomène de société, phénomène tout court…

Notre nature s’amenuise et s’éloigne de nous. Nos habitats sont de plus en plus chers et de plus en plus réduits. Le béton s’empare toujours un peu plus de notre environnement. Mais au plus profond de nous, nous ne sommes pas faits pour vivre ainsi – nous souffrons… en silence et dans notre inconscient.

Ce tout premier article va me permettre d’expliquer ce besoin fondamental que nous avons tous d’avoir une plante qui nous accompagne dans notre environnement immédiat et parfois plus…

Vous souvenez-vous qu’en 1830, 80% de la population européenne (hors Royaume Uni) travaille et vit encore dans nos campagnes ? 1830 vous paraît-il si loin ? A l’échelle de l’histoire de l’humanité, ce n’est rien, c’est la seconde avant celle que nous vivons à l’instant…  Nous n’avons rien oublié de cette empreinte rurale, de ce besoin de grand air et d’espace que nous avons connu hier.

Nous n’avons pas forcément choisi la ville, elle est souvent devenu un impératif par manque de travail en milieu rural, industrialisation galopante des cités au détriment des campagnes et forte démographie au XXème siècle.
Mais ne nions pas non plus que la ville ait pu présenter un certain attrait auprès d’une catégorie de la population rurale, souvent jeune : son confort. Fini les travaux saisonniers harassants et les conditions de vie difficiles ! Vive les heures fixes, un salaire régulier et le chauffage central en hiver.

Souvenons-nous aussi que les citadins ont parfois un certain mépris pour les gens de la campagne. Faut-il voir dans ce mépris persistant une ancienne étiquette qui colle encore à la peau des paysans où l’on voit toujours un tas de fumier devant la porte d’entrée,  cochons et poules traversant la salle ? Ou ce mépris est-il tout simplement une façon de se protéger, de contrebalancer la frustration  d’avoir du renier nos campagnes pour venir travailler en ville ?

Mais la réalité nous montre quand même que 8 millions de français expriment aujourd’hui l’envie de vivre ou s’installer en milieu rural. On parle de ‘Retour aux sources’ n’est-ce pas ? Se ressourcer, s’oxygéner, prendre un bol d’air… toutes ces expressions relativement récentes nous démontrent que la ville ne suffit pas à notre plénitude. Nous avons aussi besoin d’un coin de ciel bleu, d’un havre de paix, d’un peu de verdure et de nature.
L’expansion des jardineries va de pair avec l’extension des villes, le coût et la réduction de notre surface habitable. Une chambre de bonne en plein Paris aura sa plante verte, en doutez-vous ?

Cette plante verte est un simple témoignage de notre mal-être à devoir se cantonner à un univers de béton et de matériaux de synthèse. Cette petite plante verte nous offre l’opportunité de nous faire voyager dans un univers plus naturel – tout simplement. Et nous ne pourrons pas nous en passer…

Ce premier article est en fait un préambule. Ce blog vous aidera à mieux vivre au travers de vos plantes. A mieux vivre avec elles et donc à mieux vivre tout court.

Alfred